Réflexion introspective sur ma vie

Voyage en eau troublée

J’ai pris place, pour quelques années, dans cette chose de peau et de poils, d’os et de sang et de muscles noués.
Je l’ai camouflée pudiquement avec des sous-vêtements faits de sentiments, de pleurs et de tourments, mais aussi de joie et de bonheur pour en protéger le cœur de la rigueur desséchante des gens.
Je l’ai habillée de connivences et de vivre ensemble pour m’intégrer dans ce monde déjanté et l’ai déguisée de compromis pour me permettre d’avancer à mon rythme, sans me faire complètement absorber par les foules réclamant ma rentrée dans le rang, le lissage par le bas de mes différences, l’annihilation de mes pensées révoltées quand elles ne sont pas révoltantes ou révolutionnaires. Lire la suite

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8 mai

 

Hommage à mon père, ancien prisonnier de guerre au Stalag 1A.

Pour le 8 mai 1985 il m’avait demandé d’écrire un texte pour lui et ses
frères d’armes.

                       8 mai

(Sur l’air de Nuit et Brouillard de Jean FERRAT)

Vous étiez éloignés vous étiez prisonniers
Et quarante ans après on veut vous oublier
Alors il est grand temps de dire au monde entier
Que si beaucoup sont morts restent vos héritiers

Si aujourd’hui encore vous voulez continuer
A raconter à tous ce que vous enduriez
Ce n’est bien entendu pas pour être vengés
Mais bien pour empêcher les gens de récidiver

Deux guerres sur un siècle on peut s’en contenter
Et même si depuis vous avez pardonné
Toutes les trahisons ne peuvent s’oublier
Ce n’est pas l’amnistie qui les fera changer

Alors nous vos enfants nous devons continuer
A raconter comment cela s’était passé
Afin que plus jamais aucun ne soit tenté
De refaire l’erreur de tout recommencer

                                                                    © SABAM 1985 RICHARD Jean-Jacques